Les personnes qui se mettent en colère meurent souvent plus tôt

Publié le : 08 juin 20224 mins de lecture

Ceux qui se mettent en colère meurent souvent plus tôt

La colère et le stress peuvent avoir des conséquences dangereuses pour les patients victimes d’une crise cardiaque. Des chercheurs de Pise sont arrivés à cette conclusion et conseillent une psychothérapie en cas de colère excessive.

Les patients victimes d’une crise cardiaque qui sont souvent en colère ou stressés ont un pronostic plus défavorable. Telles sont les conclusions d’une étude menée sur dix ans par l’Institut de physiologie clinique de Pise (Italie), présentées au congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC) à Paris.

Les émotions négatives telles que l’hostilité, la colère, la dépression, l’anxiété et l’isolement social endommagent le cœur, tandis que les émotions positives telles que l’imagination, la compassion et les intérêts spirituels protègent le cœur, indiquent les auteurs de l’étude. Mieux gérer sa colère en suivant ce lien !

Les facteurs qui entrent en jeux dans le déclenchement dune crise cardiaque

L’étude, qui a porté sur 228 participants de 13 unités cardiaques italiennes ayant subi une crise cardiaque entre 1990 et 1995, a examiné l’influence des modèles comportementaux sur le pronostic des patients victimes d’une crise cardiaque. Les patients ont d’abord été soumis à un test de personnalité (Questionnaire des seize facteurs de personnalité de Cattell et Inventaire Psy), puis observés pendant dix ans.

Pendant cette période, il y a eu 51 événements dits cardiaques, comme une nouvelle crise cardiaque. A l’aide d’une procédure d’analyse statistique (modèle de Cox), les auteurs de l’étude ont examiné quels facteurs (par exemple l’âge, le sexe, les facteurs psychologiques, les données cliniques, etc.) permettaient de prédire ces événements.

Les résultats ont montré que la colère et le stress en particulier aggravaient le pronostic des patients. Les patients présentant des niveaux élevés de colère avaient un risque de problèmes cardiaques 2,3 fois plus élevé que ceux présentant des niveaux faibles de colère.

Chez les personnes présentant un niveau de stress élevé, ce risque était 1,9 fois supérieur à celui des personnes présentant un faible niveau de stress. Alors que 78,5 % des patients ayant un faible niveau de colère n’ont pas subi de nouvelle crise cardiaque en dix ans, seuls 57,4 % de ceux ayant un niveau élevé de colère et d’agacement en ont subi une.

« Ces corrélations sont significatives pour les patients après une crise cardiaque aiguë, avec leur vulnérabilité particulière et leur risque accru. La bonne nouvelle est que ces patients ont la possibilité de modifier leur comportement », souligne le Dr Franco Bonaguidi, responsable de l’étude. « C’est un moment opportun pour les interventions psychologiques et la thérapie comportementale, si les patients en ont besoin.

 » Selon les auteurs de l’étude, ces résultats suggèrent la nécessité d’une approche thérapeutique multidimensionnelle comprenant une thérapie physique et médicamenteuse ainsi qu’un traitement psychothérapeutique. Cela devrait permettre de traiter non seulement la colère et le ressentiment exagéré, mais aussi la douleur plus profonde qui s’exprime souvent par la colère et le ressentiment.

 

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