La psychothérapie, quand le handicap peut « soigner » la normalité

La psychothérapie fonctionne comme une expérience relationnelle, mais il existe d’autres formes de relations sociales qui sont potentiellement évolutives et transformatrices, comme l’amitié, la solidarité et la participation. Celles-ci sont aujourd’hui un peu en crise, avec le danger d’entraîner une sorte d’apathie généralisée qui peut favoriser la dégradation des institutions, en premier lieu des institutions de santé. Les asiles et les anciennes institutions pour handicapés, alimentés par le cercle vicieux du désintérêt social/de l’invisibilité institutionnelle, restent le symbole le plus évident de l’oppression, qui prend la place du soin. Aujourd’hui, de nombreux lieux de soins, mais encore trop peu nombreux, ont fait marche arrière et proposent la transparence, non seulement pour améliorer leur service, mais aussi comme une tentative d’intervention sociale.

Deux propositions concrètes qui vont dans ce sens et qui, on pense, peuvent être utiles à ceux qui les acceptent.

Le premier s’appelle LoÏcanda, de casa LoÏch, une association qui gère le centre de jour du même nom qui l’a promu. Un « restaurant » dans la campagne de Capena qui ouvre un dimanche par mois dans un endroit vraiment agréable, car la beauté fait partie de la philosophie des soins, géré par une cuisinière, Gabriella, bénévole et très bonne, et Vit, Chiara, Roberta, Sergio, Enrico, Francesco, des gars très gentils mais avec quelques problèmes, et les gars du service civil. Fabrizio, ancien skipper, qui a préféré naviguer sur les mers de l’intégration sociale plutôt que dans la solitude des océans, coordonne le projet. À la fin du déjeuner, les invités donnent une contribution libre dans une boîte que Roberta fait passer de table en table, très fière de son rôle. Cinquante couverts presque toujours pleins. Il faut donc réserver, mais cela en vaut la peine, tant pour la façon dont on mange que pour vivre cette expérience dans un environnement léger et agréable, où l’on peut réviser de nombreux préjugés. 

Une autre proposition qui peut aider à abandonner ses idiosyncrasies envers le handicap est un projet que l’Opéra don Calabria de Rome mène depuis 2004, «  »Emarginiamo l’emarginazione » », pour sensibiliser les gens aux problèmes de l’inconfort psychique à travers de nombreuses initiatives. L’Opéra don Calabria propose un modèle d’assistance, unique à Rome parce qu’il parvient à réunir des touristes, des écoliers venus de toute l’Europe, des étudiants venus du monde entier, des religieux, des joueurs d’accordéon, des acrobates obsessionnels et d’autres personnes franchement problématiques. Toute cette humanité variée se retrouve quotidiennement à la cantine, égayée par une ambiance familiale riche et animée et une nourriture excellente, grâce à Roland, un cuisinier albanais exceptionnel. Celui qui veut participer, même avec un ou deux amis, est invité à déjeuner, sera très bien accueilli, trouvera un accueil chaleureux et une personne qui lui est dédiée.

Tout d’abord, on voulait féliciter les deux initiatives qui ont été menées

Chacune d’entre elles permet l’intégration de personnes ayant des difficultés de toutes sortes et cela ne peut être qu’une bonne chose par les temps qui courent. On tire le chapeau à ceux qui s’impliquent et croient en ce genre de projet. Aujourd’hui, la plupart des gens sont absorbés par leur routine quotidienne, et leurs problèmes de tous les jours, et perdent très souvent de vue ces opportunités qui leur permettraient de briser des préjugés stupides. On sait que l’engagement à long terme peut devenir lourd, mais cela vous enrichirait en tant que personnes de découvrir que même les personnes handicapées ou marginalisées peuvent et doivent avoir des opportunités de prouver leur valeur ; ce ne sont pas des personnes vides, ce sont des garçons et des filles qui, pour diverses raisons, n’ont pas réussi à prendre le chemin d’une vie normale et qui devraient être soutenus, guidés, pour leur donner une seconde chance. Tout le monde a droit à cela.

Un autre point sur lequel on voudrait s’attarder est la psychothérapie : personne ne veut mettre en doute les bénéfices thérapeutiques de telles initiatives, mais n’oubliez pas que pour ces personnes, la seule véritable thérapie est la normalité. Essayez donc de les traiter comme tout le monde, ce n’est que de cette façon qu’ils pourront trouver la bonne voie. Vous devez briser ce lien « handicapés, personnes âgées, marginalisés, patients/éducateurs ! Redécouvrez les valeurs et faites-leur redécouvrir en particulier l’amitié, l’affection et l’amour d’une vraie relation. Vous en avez assez d’être considérés comme des patients ou pire encore «  »un job » », vous êtes avant tout des êtres humains, ne l’oubliez pas dans vos relations ! !!! Il est difficile de combiner son travail avec cela mais c’est essentiel pour les handicapés, les personnes âgées, les marginaux, etc… On termine en commentant l’initiative du restaurant : super mais pourquoi seulement une fois par semaine, cette opportunité ne pourrait pas devenir une opportunité d’emploi ? Dans ce cas également, vous faites tomber une barrière et vous créez autre chose et plus qu’une seule…….